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Louis thomas


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Andries Van den Abeele

LOUIS THOMAS,
ou le voisinage du Capitole

et de la roche tarpéienne
1885 – 1962

Décembre 2002


Années de jeunesse
Louis Auguste Georges Marie Thomas naquit à Perpignan le 21 avril 1885, fils d’Edouard Michel Thomas, professeur au collège de Perpignan (né à Nîmes,1856) et de Virginie Henriette Caillens (née à Aix-en-Provence, 1861). Le nom Thomas figure parmi les patronymes les plus répandus en France, Caillens en revanche est un nom de famille typiquement catalan.
Après Perpignan, la jeunesse de Louis Thomas fut ballottée au gré des affectations de son père, de Bône (Algérie) à Châtellerault, de Montélimar et Orange à La Châtre en Berry. Après avoir fait ses études secondaires en tant qu’interne au lycée de Tours, il entra en rhétorique au lycée Henri IV à Paris. Edouard Thomas avait entre-temps été promu directeur d’une école parisienne et s’était installé dans le seizième arrondissement. Les vacances ramenaient Thomas junior en Provence, plus particulièrement près de Beaucaire dans le Gard. Dès sa jeunesse le rugby devint son sport favori.
Il semble s’être acquis une solide culture, quoique nous ne disposions que de bribes d’information sur la poursuite de ses études. Il fit en 1902 une première année de philosophie, qui se solda par un échec aux examens : le garçon de dix-sept ans avait passé le plus clair de son temps dans les bras d’une jeune femme, de six ans son aînée. Subsidiairement il s’était attelé à ses premiers travaux littéraires. En novembre 1903 il s’inscrivit à la faculté de médecine, ce qui lui permettait de faire sans tarder le service militaire obligatoire, qui pour les étudiants en médecine était réduit à dix mois. Affecté aux services de santé à Caen, il y employa son temps à lire les grands auteurs.
A l’automne 1904 il reprit ses études de philosophie à la Sorbonne, suivit des cours pratiques à la clinique psychiatrique Sainte-Anne sous la direction du grand psychologue et médecin Georges Dumas, se remit sur les bancs du Lycée Condorcet parmi plus jeunes que lui, afin d’y apprendre le grec et suivit à Bruxelles des cours à L’Université Nouvelle, institution issue d’une scission au sein de l’Université Libre. Il y donna ensuite lui-même des conférences, à en croire son curriculum. Lui qui tenait à ce que son itinéraire fût bien connu, n’a pas précisé les diplômes qu’il aurait acquis, ce qui peut faire supposer qu’il n’en décrocha aucun.
Il n’en retint pas moins de ses études et de ses lectures les enseignements de plusieurs auteurs qu’il considérait comme ses maîtres et qui le rattachaient au Siècle des Lumières, tels le philosophe de l’utilitarisme Jérémie Bentham, Voltaire évidemment et Condillac. Parmi ses contemporains il avouait des engouements de jeunesse plus ou moins passagers pour Maurice Barrès, Charles Maurras et Remy de Gourmont. A ce dernier il dédia son premier roman. Il avait à peine vingt ans lorsqu’il fonda une revue littéraire et se mit à fréquenter le monde des lettres parisien. Il fit en particulier la rencontre de Jean Moréas (1856-1910) qu’il considéra comme son maître en poésie. Entouré d’une cour de jeunes littérateurs, l’auteur des Stances passait des heures au Napolitain ou au Café Vachette, ses lieux de rendez-vous préférés au Quartier Latin.

Un jeune écrivain plein d’avenir

Sur l’ensemble de la vie de Louis Thomas, on trouvera seulement deux notices biographiques, ultra brèves et pas tout à fait exactes, dans des publications peu accessibles (Temerson, Coston), en plus de quelques rares informations dans des publications postérieures à la Seconde guerre mondiale. Pourtant, en cherchant plus avant, on se rend compte que dès ses premiers écrits Thomas ne passa pas inaperçu, loin s’en faut.

Entre 1906 et 1914 déjà, et ensuite au cours des années d’après-guerre, plusieurs critiques littéraires et non des moindres, publièrent des considérations à son sujet, parmi eux Maurice Barrès, André Billy, Francis Carco, Léon Daudet, Fernand Gregh, Emile Henriot, Edmond Jaloux, Léo Larguier, Henri Martineau, Louis Piérard, ou encore Jean-Marc Bernard, Maurice Aristide Chapelan, Henriette Charasson, Jules de Gaultier, Tristan Derème, Fernand Divoire, Marcel Drouet, Paul Drouot, André du Fresnois, Henri Duvernois, Emile Faguet, Pierre Gilbert, Victor Giraud, A.- M. Gossez, René Groos, Roger Lalli, Pierre Lièvre, Louis Mandin, Eugène Marsan, Alfred Mézières, Charles Morice, Charles Moulié (également sous son pseudonyme Thierry Sandre), Louis Payen, Henri Rambaud, François Serzais et Jean Valschaerts.

Cette liste impressionnante, comportant les noms d’une dizaine de membres ou futurs membres de l’Académie Française et de l’Académie Goncourt, nous la devons probablement au fait que Thomas, malgré la désinvolture qu’il se plaisait à afficher, gardait soigneusement dans ses fardes tout ce qui le concernait afin de pouvoir le transmettre à ses premiers biographes. Les critiques, à tout le moins ceux dont il collectionna les textes, ne tarissaient pas d’éloges, comme le démontrent les citations qui suivent.

Eugène Marsan (en 1908) : Je le tiens pour l’un des plus nets interprètes littéraires de sa génération. André du Fresnois (1909) : Ce libertin aime de grand amour la langue française, et c’est la seule maîtresse peut-être envers qui il se pique de fidélité. Henri Martineau (1909) : Louis Thomas, fureteur actif autant que fin lettré. Maurice Barrès (1909) : Louis Thomas, c’est un classique, un petit classique, le petit-fils vivant d’un grand nombre d’aimables irrespectueux, malins comme des pages et qui parfois deviennent des pontifes. Charles Morice (1910) : Louis Thomas est, entre nos jeunes poètes, l’un des plus exquis, l’un des plus « artistes ». Henri Martineau (1910) : Avec Louis Thomas, il ne faut s’étonner de rien. Paul Drouot (1910) : Les vers de M. Thomas sont légers comme œufs à la neige, capricieux, divers, vains, souples et changeants. Marcel Drouet (1910) : Un mélange de poésie délicate et de fine ironie, de tendre mélancolie et d’exubérante gaieté, de philosophie espiègle, de sentiment et de sensualité... Louis Mandin (1910) : La poésie de Louis Thomas, c’est la clarté, la spontanéité, la facilité voulue, l’insouciant dédain de l’effort. Fernand Divoire (1911) : Il a fait du roman, de la poésie, de la critique, de la compilation, de la psychopathologie, de l’érudition, de la fantaisie, de l’amoralisme. Inquiétude tout cela, d’un esprit libre, équilibré, intelligent, qui veut ruer dans toutes les portes à la fois et viser particulièrement celles qui sont fermées. Henri Martineau : [L’espoir en Dieu] est un livre d’exception, de la lignée des romans un peu secrets d’un Restif avec quelque chose de l’incisive profondeur de Laclos. Henri Duvernois (1911) : ... écrit dans un style parfait et certaines de ces phrases vont très loin, jusque dans les profondeurs insoupçonnées de l’âme humaine. André Billy (1911) : Nous sommes ici, c’est certain, en présence d’une redoutable sincérité et d’un authentique tempérament. Henri Martineau (1912) : [Son livre sur Maupassant] est un modèle de clarté et de précision – un document scientifique et psychologique de premier ordre. Alfred Mézières (1912) : ... le grand service que M. Louis Thomas rend aux lettres françaises... Jethro Bithell (1912) : He makes art out of his everyday life, effortless art, which seems to be saying panta rei. Henri Martineau (1913) : Thomas a une façon toute personnelle de synthétiser les problèmes esthétiques les plus délicats et il ne lui faut que quelques phrases pour pénétrer au cœur de son sujet. Léon Daudet (1916) : ...un livre remarquable, plein de feu, de maîtrise et de réalité. Henriette Charasson (1916) : ...ce style solide, nerveux, martelé parfois comme la cadence rapide d’une marche de chasseurs à pied. ‘Orion’ (1918) : ... son talent et l’excellente langue qu’il parle, nerveuse et souple, rapide, savante et naturelle, forte, éloquente, déliée... Eugène Marsan (1920) : Il écrit l’une des bonnes proses que nous ayons et sa langue poétique est toute animée et soutenue par le même juste sentiment du génie français. ‘Aristide’ [Chapelan] (1922) : La langue française, dans les mains de Louis Thomas, devient vraiment le plus bel instrument de l’homme qui a une chose à dire. Henri Rambaud (1923) : Il ne faut pas hésiter à tenir ce mince ouvrage pour l’un des plus remarquables de ces dernières années. Ce recueil est l’œuvre d’un écrivain né, d’un grand écrivain. (...) Je salue en Louis Thomas un magnifique animal. Fernand Divoire (1923) : Écrivain d’une langue parfaitement claire, dépouillée et solide... Jean Valschaerts (1923) : C’est une suite de poèmes en prose d’une plénitude peu commune et d’un rythme si sûr qu’il ne fait jamais regretter le vers. Jacques Boulenger (1923) : Rien de plus sain et de plus actif que le talent de M. Louis Thomas. Il pense, imagine, écrit comme un pommier porte des pommes.

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