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La libération pour des détenus de Charente Maritime


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La libération pour des détenus de Charente Maritime

Parmi tous les témoignages recueillis au cours des ans, il s'avère nécessaire, faute de place, de n'en retenir que quelques-uns : que les oubliés nous pardonnent et qu'ils sachent qu'ils sont présents à notre mémoire et qu'ils le resteront.

Témoignage de Jeanne Cartier, déportée à Ravensbrück :

« Le 5 mai 1945, des partisans tchèques et polonais ont attaqué courageusement le camp, pour nous libérer. Le commandant assassin fut fait prisonnier, ainsi que ses soldats qui sortaient les bras levés. D'autres gisaient sur le sol ; ils étaient morts... C'était 1'heure des règlements de compte. Nos libérateurs sont venus avec de grands chariots bâchés, à quatre roues, pour nous emmener dans la montagne... des civils et des prisonniers de guerre français sont venus s'offrir pour monter la garde à la porte de notre camp... Je suis rentré en France, le 24 mai 1945. »

Témoignage d'Auguin Guy, déporté à Sachsenhausen puis à Buchenwald  Langenstein

« Les soldats américains semblaient pétrifiés en voyant arriver ces deux spectres flottant dans leur tenue rayée, d'une saleté repoussante, couverts de poux. Et, nous,... Nous nous sentions libres, libres, libres ! Bientôt, une vingtaine d'autres déportés nous avaient rejoints. Alors, un soldat américain nous emmena vers une laiterie pour faire remplir notre gamelle de lait, écartant les civils allemands..C'était extraordinaire de boire et de manger de bonnes choses, à sa faim. »

Témoignage de Gallon Jean, déporté à Buchenwald le 17 août 1944 :

« La pression d'encerclement par les Alliés décide les SS à envisager la destruction complète du camp. Ils demandent à 1'aviation allemande cantonnée à Weimar de se charger de ce "nettoyage". Mais les aviateurs refusent cette mission d'extermination.

Par tous les moyens possibles, le comité de Résistance tente d’informer les Alliés de cette menace d'anéantissement, qui se précise de plus en plus. Le 2 avril au matin, un détenu (tchèque ou yougoslave) émet sans arrêt des SOS, sur un poste émetteur de sa fabrication, tandis qu'arrive au camp une nouvelle épouvantable: 1'apres midi même, un commando doit venir, chargé de "tout liquider à la mitrailleuse et au lance flammes". Nous restons terrés dans nos blocks, dans 1'attente du meilleur ou du pire, car, enfin, les Alliés sont là, tout proches.

Soudain, vers 13 heures 30, on entendit des rafales de mitrailleuses lourdes, tirées par deux chars américains, à proximité immédiate du camp... Presque aussitôt, une sonnerie retentit, annonçant la libération du camp... Nous 1'avions échappé belle !

Tout se passe très vite maintenant. La porte s'ouvre. Les blocks se vident dans une ruée générale et des cris d’allégresse. Quelques-uns s'écroulent, foudroyés de bonheur, morts de joie. Des armes surgissent un peu partout, récupérées sans doute dans les bâtiments de 1'école des SS. Nous étions ivres de Liberté et les heures qui suivirent, nous les avons vécues hors du temps. Euphorie pour beaucoup, soif de vengeance pour quelques-uns qui entreprirent la chasse aux SS, ceux qui ne s'étaient pas enfuis. I1 fallait éviter les massacres... Le soir même, l'administration du camp était prise en mains par le Comité du camp.

Le 13 avril, ce fut au tour des Autorités Américaines de prendre la charge d'assurer 1'ordre,d'organiser la nourriture, les soins, de redonner ä chacun son identité ...de préparer notre rapatriement. »

Témoignage de Ferdinand Jegou, déporté à Neuengamme, libéré le 29 avril 1945 à Sandbostel par les Anglais :

« Le dimanche 29 avril, la canonnade éclate autour du camp. Inconscients, nous nous traînons vers les barbelés, nous assistons au combat des chars anglais tirant sur les SS. Les balles nous sifflent aux oreilles mais nous applaudissons sans même nous rendre compte de ce nouveau danger pour notre vie.

C’est la fin du cauchemar. C’est la Libération. »

Témoignage de Arbaudie Jean, déporté à Dachau :

« Pourtant, aux alentours du 25 ou 26 avril 1944, il y eut dans le camp une certaine réjouissance de nous autres détenus. Nous entendions dans le lointain le bruit sourd du canon... Nous sommes restés deux jours dans notre block, sans aucune nourriture, mais le plus grand espoir était en nous.

Enfin, le 29 avril 1945, la fusillade se déclara autour du camp. Avec plusieurs camarades, j'ai passé la matinée à plat ventre. D'ailleurs plusieurs détenus furent blessés. Le même jour, vers seize heures, j'ai vu les soldats américains arriver et se battre autour du camp. Des camarades sont morts d’avoir voulu escalader les fils électriques, où ils sont restés suspendus.

Le soir nous étions libérés, mais personne n’est sorti du camp... J'ai vu un gardien habillé en tenue rayée pour ne pas être reconnu, et pensant de cette façon nous échapper ... I1 a été pendu. »
Dossier constitué par Madame Claude EPAUD (AFMD-17) à partir du recueil du CDDP-17 - 1994


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