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Jean Cocteau, poète intemporel


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Jean Cocteau, poète intemporel

Diaghilev adressa à Cocteau une nuit de 1912 : étonne-moi !


Jean Cocteau devient le premier créateur multimédia du XXème siècle.
" Pourquoi faites-vous des pièces ? me demande le romancier. Pourquoi faites-vous des romans ? me demande le dramaturge. Pourquoi faites-vous des films ? me demande le poète. Pourquoi dessinez-vous ? me demande le critique. Pourquoi écrivez-vous ? me demande le dessinateur. "
Oui, pourquoi ? je me le demande. Sans doute pour que ma graine vole un peu partout. Le souffle qui M’habite, je le connais mal, mais il n’est pas tendre. Il ignore la fatigue. Il profite de mes aptitudes. Il veut donner sa part. Ce n’est pas inspiration, c’est expiration qu’il faut dire »
Voilà tout Cocteau et voilà le mystère Cocteau. Le mystère d’un poète qui a traversé son siècle en n’évitant aucun des exercices de la Beauté : ce fut l’écriture, le théâtre, la peinture, le cinéma, l’art graphique.
Ce " caméléon intrigant " comme l’appelait Apollinaire fut un passeur inspiré et un vrai tragédien. Que lui reproche-t-on ? On lui reprocha aussi de vouloir être toujours jeune et d’espérer " courir plus vite que la Beauté ". Il réussit son pari en travaillant jusqu’au dernier jour et son œuvre satisfaite de son talent lui livra le secret du temps.
L¹Académie royale de Belgique et l’Académie Française pressentirent l’immortel en lui et l’invitèrent à venir s’asseoir sous leur coupole.

" Je reste avec vous. "

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Introduction à la poésie graphique


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Les poètes ne dessinent pas. Ils dénouent l’écriture et la renouent ensuite autrement. C’est ainsi qu’en 1924, dans la dédicace à Picasso de son album Dessins, Jean Cocteau marque le caractère essentiellement linéaire de sa poésie graphique qui n’a recours ni au clair-obscur, ni à la tache (comme celle d’Hugo), et s’exprime complètement par la pureté du trait, la justesse du cerne.

Au cours des années, Cocteau élaborera une théorie de la ligne.

En 1929, dans la préface de 25 dessins d’un dormeur, il prône une manière d’automatisme qui libère les forces créatrices profondes :

"Pour tracer une ligne vivante et ne pas trembler de la savoir en danger de mort sur tous les points de sa route, il me faut dormir d’une sorte de sommeil, laisser descendre sans réserve les sources de ma vie dans ma main, et que cette main finisse par travailler seule, par voler en rêve, par se mouvoir sans se soucier de moi."

Deux figures tragiques élues dans la mythologie grecque dominent la mythologie personnelle de Cocteau: ­ Orphée, le poète qui traque l’inconnu et pénètre dans le domaine de la mort, Oedipe dont l’aventure illustre la grande énigme du destin fatal et du libre-arbitre. Le dessin aussi bien que l’écriture, assurera la mise en œuvre de cette mythologie personnelle dont Opéra rassemble les signes emblématiques, anges, dormeurs, marins, statues vivantes, étoiles.

"J’ai toujours envié les gens qui travaillent avec leurs mains. « Je me suis mis à fabriquer des objets avec ce qu’on achète au bureau de tabac d’en face, de la colle et des boîtes." Il écrit à sa mère : "Du matin au soir et du soir au matin, je colle, je découpe, je brosse, j’écrase des pastels, je fais fondre du brou de noix, je mélange du rouge à lèvres et de la cire à cacheter, etc."

D’autres matériaux inattendus : punaises, épingles à cheveux, bougie, allumettes, morceaux de sucre, étoiles en vermicelle. L’humour et le jeu président sans doute à leur rencontre, mais les poètes ne peuvent plus jouer, constate Cocteau, la mort et le mystère se mettant aussitôt de la partie. C’est peut-être le titre d’un poème d’Opéra. : Cocasseries tragiques du sommeil qui résume le mieux l’ambiguïté de ces objets poétiques dans lesquels le funeste et le drôle se mêlent à l’irrationnel du rêve.

Les recherches de Cocteau sont souvent proches de celles des surréalistes quoiqu’il se soit et qu’ils l’aient - toujours tenu à l’écart de leur groupe. De l’exploration par le poète des domaines de la nuit intérieure et du mystère résultent maints dessins, et spécialement ceux de l’exposition de février-mars 1937 sur le thème : mandragores et mains chevalines. "Les dessins que j’expose à la galerie les Quatre Chemins ont été faits cet été à Fourques, où je voyais des lézards verts plus rapides que la foudre, des chevaux de campagne gesticulant comme une belle main, et en pensant aux mandragores que les indigènes élèvent dans une île

proche de Singapour." Les métaphores graphiques engendrent des hybrides fantastiques.

Cocteau dessinateur, transcripteur exact de sa mythologie, est aussi l’idéal illustrateur de ses livres.


Le mérite des illustrations de Cocteau réside dans la distance qui sépare le dessin du texte en évitant tout risque de pléonasme. Dans les illustrations du Grand Écart (1926), de Thomas l’imposteur (1927), des Enfants terribles (1935), l’extrême économie avec laquelle les fictions sont figurées laisse libre cours à l’imagination du lecteur. Les Dessins en marge du texte des Chevaliers de la Table ronde (1941) débordent l’illustration et développent des variations sur les thèmes de la mythologie médiévale que la pièce instaure. Dans Orphée (1944), un contrepoint s’établit entre le texte qui actualise le mythe et les lithographies qui le resituent dans l’Antiquité ».

Le graphisme de Cocteau n’évolue qu’insensiblement. Dans les années 20, le trait présente d’abord ce léger tremblement défini par Paul Fierens à propos de Dessins : (Cocteau) rêve en même temps qu’il voit, flottant entre la conscience claire et l’inconscience. (..) De là ce tremblé de la main, de la ligne ». Il semble, très curieusement, qu’à chaque pas l’équilibriste hésite et que sa marche, sa démarche, d’un bout à l’autre du parcours, soit parfaitement assurées.

Dans les années 30, le trait s’affermit, puis s’émancipe jusqu’à retrouver la liberté et la rapidité de L’esquisse dans Portraits Souvenir et dans les illustrations des Enfants terribles ou des Chevaliers de la Table ronde. Exceptionnellement, et comme pour se prémunir contre les facilités d’une manière trop cursive, Cocteau s’applique alors, dans un certain nombre de dessins, à rendre minutieusement le modelé.

Vers 1944, la sûreté, la vigueur et l’aisance auxquelles atteint le dessinateur témoignent d’une maîtrise qui donne lieu à trois réussites majeures : le portrait de Colette, d’une acuité digne de Lautrec, les lithographies d’Orphée et les dessins sur le thème de la licorne (1947), où triomphe le mouvement lyrique de la ligne. Le traitement déjà pictural du portrait de Colette et de plusieurs lithographies d’Orphée annonce les prochaines expériences plastiques.

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Les mythes classiques dans l’œuvre de Jean Cocteau


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Comme l’écrivit Milorad : Cocteau est probablement l’un des plus grands mythographes qu’ait porté la terre, si par mythographe on entend : celui qui écrit des mythes.
« J’ai toujours préféré la mythologie à l’histoire parce que l’histoire est faite de vérités qui deviennent à la longue des mensonges et que la mythologie est faite de mensonges qui deviennent à la longue des vérités ».

La mythologie exerça sur Cocteau une fascination fondamentale, au point de faire de lui l’écrivain, le poète et le peintre de notre siècle pour lequel les mythes ont été la principale source d’inspiration. Une majorité de ses œuvres reflète cette inspiration, comme en témoignent sur la Côte d’Azur les fresques de Villefranche (chapelle Saint-Pierre), de Saint-Jean Cap Ferrat (villa Santo Sospir), de Cap d’ail (théâtre de verdure du Centre Méditerranéen), et de Menton (Salle des Mariages de la mairie) ou encore des œuvres théâtrales comme Antigone, Oedipus Rex et Orphée.

Grâce à cette créativité, les mythes classiques d’Europe connurent une importante actualisation, et recouvrèrent un nouvel éclat, même quand les rapprochements faits par l’artiste étaient assurément personnels.

Ce sont en premier lieu les grandes légendes classiques qui lui fournissaient, grâce à leur éloquence, le cadre ainsi que les moyens d’expression lui permettant de dévoiler ses propres ténèbres. La sagesse de ces mythes, leur capacité de nous parler des sujets essentiels de la vie humaine sur un ton à la fois simple et saisissant, attiraient Cocteau de façon magique. C’est ainsi qu’il exprimait souvent les limites de la faculté cognitive de l’homme, et le passage du conscient à l’inconscient, à l’aide de l’énigmatique sphinx de Thèbes. Moitié lion, moitié femme et parée d’ailes d’aigle, la sœur du chien-gardien de l’enfer Kerberos, se précipita dans la mort, après que son énigme eut été résolue par Oedipe. Dans l’œuvre de Cocteau, le sphinx représente cet énigmatique destin, symbolise le chagrin et la peine dont la signification profonde restera à jamais impénétrable aux humains. Les personnages légendaires d’Oedipe et d’Orphée personnifient de façon exemplaire l’existence humaine dans l’œuvre de Cocteau.


En acceptant son destin, Jean Cocteau l’affronta, et transforma cette obsession mythologique en source de créativité sur les plans littéraire et plastique.
Le personnage d’Antigone avait pour Cocteau une importance toute particulière. Étant encore enfant, il avait fait connaissance de la tragédie de Sophocle, qui lui fournit le sujet de sa première pièce théâtrale basée sur la mythologie antique. La signification et la situation exactes d’Antigone dans l’œuvre de Cocteau, restent quelque peu ambiguës. D’une part, elle est la fidèle et chaste fille du roi qui a su conserver malgré sa naissance maculée, sa pureté, et qui a accompagné son père dans l’exil ; elle n’est donc aucunement en opposition avec son géniteur. Néanmoins, l’Antigone de Cocteau, en se rebellant contre son oncle Créon, se soulève contre tout ce qu’il représente en tant que tel : l’injustice et la tyrannie des conventions auxquelles Antigone oppose le droit naturel. Elle payera son opposition de sa vie, mais en mourant avec courage et dignité, elle mourra libre.

Le deuxième des grands mythes grecs qui a continuellement inspiré Cocteau était celui d’Orphée, fils du roi thrace Oiagros et de la muse Kalliope : Toujours cet Oedipe, toujours cet Orphée.


Dans son dernier film, Le Testament d’Orphée, Cocteau s’identifia totalement avec le chanteur légendaire, au point qu’Orphée n’apparaît que dans le titre, le testament étant en fait celui de Cocteau. Qu’Orphée, qui émerveillait son entourage par ses dons de poète et de chanteur, soit apparu à un talent aussi riche que Cocteau, comme un modèle idéal, se comprend. Mais il paraît évident que l’artiste ait été au moins autant fasciné par le rôle de médiateur assumé par Orphée, entre le monde des vivants et celui des morts.
Il confia à des amis que pour lui, le poème n’avait pas son origine dans l’inspiration, mais dans l’expiration. C’est grâce à cette expiration " qu’il expulse hors de lui ses propres ténèbres, sa nuit du corps humain." Le père représente donc la nécessaire communication avec l’Au-delà. Dans la pièce, Orphée alias Cocteau se voit posé par l’Ange la question suivante : "Désirez-vous rejoindre Eurydice ou la mort ?" et il répond : " les deux". C’est ainsi que l’Ange en question, qui joue un rôle éminent dans le mythe orphique de Cocteau, surtout dans Le Testament d’Orphée, incarne l’ambiguïté, simultanément la vie et la mort.

En tant que partie de la nuit physique et psychique du corps humain, dont il est aussi la partie immortelle, et comme médiateur avec l’Au-delà, l’Ange détient dans le mythe orphique de Cocteau une place presque aussi importante qu’Orphée même.

Il est évident que le héros et les autres personnages du mythe orphique de Cocteau sont des caractères plus riches et compliqués que leurs modèles de l’Antiquité. N’échappant pas à la vengeance, l’Orphée de Cocteau remporte néanmoins, comme celui de la légende antique, dont la tête et la lyre furent jetées sur le rivage de Lesbos qui devint ainsi le lieu privilégié des muses, une victoire amère, mais finale. Dans le tableau Tête d’Orphée mort, surgit de la tête décollée du héros, la lyre symbolisant le génie poétique et les cheveux prennent la forme des lauriers du poète.

On pourrait citer nombre d’exemples supplémentaires pour démontrer le recours de Cocteau à la mythologie ancienne. Mais dans la grande majorité des cas, il s’agit seulement de variations des deux thèmes prédominants, qui seuls étaient capables de capter toute l’attention de l’homme et de l’artiste.


Quels sont les éléments qui rendent cette œuvre tellement personnalisée de Jean Cocteau aussi attirante, même en dehors de toute démarche intellectuelle. Il faut probablement chercher la réponse dans l’habileté avec laquelle Cocteau a su marier la sagesse intrinsèque des traditions antiques avec nos sensibilités européennes modernes.

On ne saurait non plus négliger l’effet produit par la pureté esthétique émanant de son œuvre. Cette œuvre nous apparaît tomme une apologie de la simplicité et de la noblesse de l’art antique, surtout dans ses dessins et ses fresques, où Cocteau cherchait toujours à atteindre le maximum d’intensité avec un minimum de traits. Jean Cocteau était convaincu du pouvoir du destin implacable comme l’avaient déjà exprimé les Anciens dans leur mythologie. Il était de même persuadé que l’être humain devait faire face à ce destin en utilisant l’ensemble de ses capacités intellectuelles et autres. Le mythe est latent dans le psychisme de chacun. Le fait qu’il réapparaissent au gré de nos actes, nous apporte la preuve de cet étrange travail de songes et de mensonges.

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Cocteau aujourd’hui et demain


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La prodigieuse multiplicité des dons aidait à une mauvaise réputation de facilité et d’artifices. Parce qu’il trouvait, on penchait à croire qu’il ne travaillait pas.
A remonter le courant de la tradition, Cocteau presque infaillible réussit là où presque tous échouent : Orphée sans lui n’appartiendrait pas à la littérature française, Oedipe non plus. Sans doute parce que l’un et l’autre sont les instruments d’une révélation, les porte-parole d’un autre pouvoir que celui, si rationaliste, à quoi nos lettres demeurèrent si longtemps soumises, au lieu de rêver. Les Enfants terribles, c’est un cauchemar qui nous fait rêver, comme nous entraînent vers l’intemporel ailleurs du songe le merveilleux de La Belle et la Bête et celui des Chevaliers de la Table ronde. La clé de l’Oeuvre on la trouve tout bonnement accrochée en regard des pages de titre de ses livres : poésie de théâtre, poésie de roman, poésie critique quand on essaie de situer Cocteau romancier, il faut prendre garde à ne pas oublier qu’il est poète, et que le roman français est pauvre en poésie. La place qu’il occupe est rare.

Cocteau ne triche pas avec les mécanismes, il les rend visibles.

Son théâtre ne cesse de surprendre. Jamais il ne se répète, ne tire jusqu’à les casser sur les ficelles : la rapidité, la justesse des gestes étrangle les personnages avant qu’on ait le loisir de se reprendre. Le théâtre de Cocteau fascine, grande et belle machine infernale. Il lui arrive de rater son coup : La Machine à écrire, voire l’impossible gageure de Renaud et Armide. Le théâtre est dans ses romans, ses dessins, ses poèmes. Ce que nous permet le recul, si court soit-il encore, c’est de voir que tout est dans tout dans son œuvre, et que le temps la resserre, la rassemble au lieu de l’éparpiller.
On ne s’aperçoit pas encore que son œuvre est irremplaçable, car tout sur le moment est confusion, on ne sait pas encore combien elle est déjà classique et pour sa plus grande part sauvée du vieillissement.

Il donnait une forme inimitable à ce qui était dans l’air, comme on dit, et qu’on ne savait pas saisir. Il est curieux de voir comme son œuvre s’est débarrassée des modes et des artifices, sans doute parce qu’elle échappe presque toujours à l’événement et qu’il n’y a pas un seul ouvrage essentiel qu’on ne sente inspiré. La poésie mettait à vif la difficulté d’être soi. Un poète est toujours, aussi, un moraliste.


Dans un siècle tout orienté vers l’évolution scientifique, les thèmes mythologiques contenus dans l’œuvre de Jean Cocteau constituent certes un contraste, mais surtout un précieux support pédagogique basée l’imaginaire et le fantastique.
La poésie graphique de Jean Cocteau imprègne aisément les enfants qui l’approchent: la force et la finesse d’un trait qui suggère l’essentiel, l’esthétique omniprésente, le merveilleux mais aussi le tragique, permettent aux élèves de s’approprier la matière et l’esprit de Cocteau, puis de la réinterpréter dans le cadre d’ateliers créatifs multimédia :
- Oedipe

- Orphée : la synthèse des contraires.

- Antigone

- les chevaliers de la table ronde: mise en scène du monde médiéval chevaleresque. Merlin fils du diable et d’une vierge : dualité, symbole orphique.


forment des thèmes universels et surnaturels à la fois, dont l’exploration se combine à l’effet propre au Centre Méditerranéen.
Mais Cocteau sut aussi s’aventurer dans des terrains plus audacieux: cirque, music-hall, spectacle forain. Chez lui, on traverse les miroirs, les personnages volent ou restent suspendus en l’air, comme l’ange Heurtebise d’Orphée, ou le poète lui-même, dans le sang d’un poète.






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