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Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris le 15 Janvier 1622, fils de


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MOLIERE

1622/1673
Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris le 15 Janvier 1622, fils de Jean Poquelin, (valet de chambre et tapissier ordinaire de la Maison du Roi) et de Marie Cressé. Près du Pont-Neuf, il passe une enfance dans un milieu aisé de franche et solide bourgeoisie. Molière avait un grand-père qui l’aimait éperdument, ce dernier avait la passion du théâtre et emmenait son petit-fils à l’Hôtel de Bourgogne. Quand le père de Jean-Baptiste inquiet demande au vieil homme s’il compte faire de cet enfant un comédien, le grand-père répond : « plût à Dieu qu’il fût aussi bon comédien que Bellerose » (fameux acteur de l’époque) Grimarest, raconte cette histoire anecdotique dans la Vie de Molière.
Il perd sa mère à l’âge de 10 ans, une absence très certainement éprouvée comme un sentiment de frustration. Un déséquilibre affectif explique dans de nombreuses biographies de notre Grand Homme la mutation d’un tapissier en génie du Théâtre. Jean-Baptiste est destiné et élevé pour être tapissier, son besoin de s’exprimer aura raison et l’emportera. Il fait d’excellentes études au collège de Clermont (futur lycée Louis le Grand) et dès 1643, renonce à un avenir bourgeois.
Une femme partage la même passion pour le théâtre et fait partie d’une famille de comédiens : Madeleine Béjart. Il entre dans sa vie, épouse son destin, s’associe par contrat à neuf comédiens et fonde la troupe de l’Illustre Théâtre, le 30 juin 1643. Les débuts de la troupe à Paris sont difficiles. A l’instar des troupes ambulantes du XVII ème siècle, entre 1646 à 1658, Jean-Baptiste Poquelin parcourt la province et prend le pseudonyme de Molière.
Il obtient la faveur de Monsieur frère du Roi le 24 octobre 1658 et sous sa protection s’installe avec sa troupe au Théâtre du Petit-Bourbon. En 1659 Molière connaît son premier grand succès d’auteur avec les Précieuses ridicules, pièce jouée devant le Roi. En 1661, la salle du Théâtre du Palais Royal accueille l’Illustre Théâtre, Molière y assume les rôles de comédien, d’auteur et de chef de troupe. Il se met à écrire des rôles sur mesure pour sa troupe et se représente dans presque toutes ses pièces. C’est lui qui nous lègue la mise en scène, évidente dans l’Impromptu de Versailles, nous suivons le directeur d’acteurs jusqu’au bout. Le 20 février 1662, Molière épouse à l’âge de 40 ans, Armande Béjart, la soeur de Madeleine.
Molière est son aîné de 20 ans et le bruit a couru jadis qu’Armande était sa fille. Le Roi fit taire les mauvaises langues quand plus tard les époux eurent un fils. Louis XIV fut le parrain et Molière devint le fournisseur attitré des divertissements de la cour. Il organise avec le compositeur Lully des fêtes grandioses à Versailles en l’honneur de beaucoup d’événements. En 1665, la troupe de Molière devient la «Troupe du Roy »
Epuisé par le travail, le chagrin que causa une mésentente maritale, les attaques des personnes qui le jalousèrent, la lutte incessante pour défendre ses oeuvres Molière s’éteint le 17 février 1673 après une représentation du Malade Imaginaire qu’il s’efforça de jouer jusqu’au bout sachant que c’était la dernière fois. Armande Béjart fera tout son possible en demandant grâce au Roi afin que la dépouille de son époux soit inhumée. A cette époque l’église refuse toute sépulture religieuse aux comédiens. Molière sera enterré clandestinement avec l’aide royale.
En 1680 la Comédie Française est créée, les comédiens de Molière firent de ses oeuvres le fond de leur répertoire. Molière est considéré comme le « Patron » du Théâtre Français depuis sa création jusqu’à nos jours. Depuis plus de trois siècles, la profession vénère l’auteur le plus marquant du XVII ème siècle.

Chaque année, le 15 janvier, jour anniversaire de sa naissance, il est l’objet d’un hommage, à l’issue d’une représentation par les comédiens du Théâtre Français.


Hommage à celui dont l’oeuvre et le talent incomparables traversent le temps sans jamais prendre une ride. Tour à tour dans ses pièces, Molière attaque toutes sortes d’individus : Faux dévots, comédiens rivaux, médecins, gens de lettres et peint avec un talent étourdissant tout ce qui fait l’être humain. Tous les états sont là : la jalousie, l’avarice, l’incertitude, la luxure, l’ironie, le mensonge. Il cible très souvent la bourgeoisie qu’il abhorre plus que tout. C’est pour cette raison que ses pièces sont toujours là, vivantes, sublimes. Le théâtre de Molière appartient à un homme jamais réinventé.
Il nous laisse une oeuvre considérable.
Son oeuvre comporte : quinze comédies en vers, quinze comédies en prose, une comédie héroïque en vers et deux farces en prose.
Il n’y en a pas d’inconnues ni d’oubliées mais certainement de perdues. Quelques-unes sont plus célèbres que d’autres.
Trente trois ouvrages exceptionnels que l’on peut comparer qu’à un autre Grand homme de théâtre : Shakespeare.
LA JALOUSIE DU BARBOUILLE : farce en un acte et en prose, farce à l’italienne qui met en scène des situations burlesques face à un mari qui soupçonne non sans raison, sa femme Angélique de le tromper. Il demande conseil au médecin mais celui-ci n’est qu’un pédant bavard.

Molière parle ici : « C’est l’un de ces petits divertissements qui nous ont acquis quelque réputation et dont nous régalons les Provinces. Propos tenu par Molière au Roi à son arrivée à Paris le 24 octobre 1658.

Nous pouvons retrouver de semblables scènes développées dans Georges Dandin et le Mariage Forcé.

Cette pièce ne semble pas avoir eu beaucoup de succès. Aujourd’hui encore, cette pièce n’est prespe pas monté.


LE MEDECIN VOLANT : farce en un acte en prose également à l’italienne avec une grande part d’improvisation.

Le thème est traditionnel : Gorgibus veut forcer sa fille Lucile à épouser Villebrequin, celle-ci aime Valère, Sganarelle, valet de Valère, grâce à une astuce dénoue la situation au contentement de tous.

Molière reprendra le thème dans  l’Amour Médecin, Le Médecin malgré lui et le Malade Imaginaire.

Cette farce fut représentée devant le Roi à paris le 18 avril 1659.


L’ETOURDI, OU LES CONTRETEMPS : comédie en cinq actes et en vers, divertissement à l’italienne mais largement élaboré en comédie.

Lélie fils de Pandolphe aime Célie, esclave du vieillard Trufaldin. Il a deux rivaux. Une succession de courtes intrigues font que l’action séduit et ouvre sur le rire grâce à un valet bon, généreux mais étourdi dans sa manière d’aider son Maître contre ses rivaux. La diversité des inventions du valet est interrompue par le Maître qui rétablit la situation initiale qui lui est défavorable.

La pièce fut représentée la première fois à Paris au Petit Bourbon en novembre 1658 avant de la jouer plusieurs fois en province.

Molière jouait le rôle de Mascarille.

C’est la première pièce de Molière.
DEPIT AMOUREUX : comédie en cinq actes et en vers. Comédie à intrigues complexes ou les rebondissements vont de révélations en mystères.

Albert a deux filles amoureuses d’Errasse et de Valère qui se croient rivaux, ces deux jeunes hommes ont deux valets, Gros-René et Mascarille, à l’invention fertile. Métaphraste, un pédant et La Rapière pour les personnages secondaires.

La pièce est imitée d’une comédie italienne comme l’Etourdi, mais Molière insère une scène bien à lui : Celle de la brouille et de la réconciliation. On retrouvera cette scène réactualisée dans Tartuffe.

Molière attache beaucoup d’importance à cette scène qui donne le titre de la pièce : Dépit Amoureux et non pas Le Dépit Amoureux comme on le voit imprimer très souvent même dans les éditions académiques.

Molière jouait le rôle d’Albert, la pièce fut créée en 1656 à Béziers et reprise à Paris après l’installation de la troupe au Petit Bourbon en décembre 1658.

La pièce fut souvent reprise, bien que très complexe, dès la création.

En 1773, le comédien Valville en fit une modification raccourcie en deux actes et la Comédie Française opta pour cette version à partir de 1821.
LES PRECIEUSES RIDICULES : comédie en un acte et en prose.

La première pièce parisienne, le premier grand succès de sa carrière. La Grange et Du Croisy comédiens de la troupe jouent les amants rebutés de deux jeunes filles précieuses et ridicules, nièces d’un riche bourgeois Gorgibus. Les deux jeunes gens éconduits se vengent et envoient leurs valets déguisés en Marquis et Vicomte. Mascarille et Jodelet savent leur rôle à la perfection et les deux jeunes filles se laissent prendre et surtout sont humiliées à la fin de l’histoire quand les personnages reprennent leur véritable rôle dans leur vie.

Molière jouait le rôle de Mascarille.

La pièce fut créée au Petit Bourbon le 18 novembre 1659.

D’abord interdite sous l’influence d’un alcôviste, la pièce fut reprise.

Les spectateurs payèrent tarif double de grand coeur.


SGANARELLE, OU LE COCU IMAGINAIRE : comédie en un acte et en vers. Le titre suffit à indiquer le sujet, thème qui appartient à une tradition gauloise datant des fabliaux (petits contes français en vers du XVII et XVIII ème siècle et dont les plus anciens remonteraient au IX ème siècle)

Molière reprendra souvent le thème de l’infidélité qui depuis toujours ridiculise la victime et non le ou la coupable. Tout le monde connaît la souffrance qu’endura Molière lors de la liaison que sa femme noua avec le comédien Baron.La pièce est joyeuse, drue et verte, populaire aussi avec une intrigue simple, toujours inspirée de la comédie italienne, de la Commedia dell’arte avec un arrière-fond de critique morale et sociale.

Sganarelle fut créé le 28 mai 1660, au Petit Bourbon à l’occasion du Mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse. Le succès fut aussi fulgurant que les Précieuses Ridicules ; La pièce fut plagiée un nombre de fois. Le Libraire Ribou sous le nom de M.Neufvillenaine publia le texte qu’il avait appris par coeur sans demander aucune autorisation. La pièce fut à l’affiche le 20 janvier 1661 lors du spectacle d’inauguration de la nouvelle salle de Palais Royal.
DON GARCIE DE NAVARRE, OU LE PRINCE JALOUX : comédie Héroïque en cinq actes et en vers. Don Garcie et Elvire s’aiment, jusque là tout va bien, mais Don Garcie est un jaloux, un anxieux, un compliqué. Il aspire au bonheur, mais celui-ci pour lui est inaccessible voire impossible. La pièce est une tragédie et réalise un rêve de Molière, un rêve d’un auteur comique : faire du tragique. Le thème est inspiré de Le Gelosie Fortunato del principe rodrigo. La pièce est créée le 4 février 1661 et ne fut pas une réussite, même si la cour l’accueille un peu mieux. L’auteur et l’acteur essaient de sauver la pièce, Molière abandonne le rôle. Rien n’y fait. Molière jouait le rôle de Don Garcie, la pièce ne fut jamais imprimée de son vivant. Plus tard, des tirades entières de Don garcie sont mises dans la bouche d’un Alceste Misanthrope. D’autres fragments passèrent dans Tartuffe, Amphitryon et dans les Femmes Savantes.
L’ECOLE DES MARIS : comédie en trois actes et en vers. Deux frères Sganarelle et Ariste ont des idées opposées quant à l’éducation des femmes. Sganarelle est autoritaire, sévère et suspicieux, il surveille sa femme et n’a aucune confiance dans la gent féminine. Ariste au contraire prétend que la confiance, la compréhension valent mieux et qu’il faut laisser toute liberté aux femmes afin que celles-ci puissent s’épanouir et affirmer leur personnalité. Ces vues libérales seront récompensées. Ariste sexagénaire, se verra aimé et épousé par une jeune femme alors que son frère se couvre de ridicule. Le thème se retrouve dans l’Ecole des Femmes.

Molière a 40 ans quand il écrit cette pièce et ne tardera pas à épouser Armande Béjart. Molière s’inspire d’une oeuvre de Terence : Les Adelphes. Il joua le rôle de Sganarelle. La pièce fut représentée pour la première fois au Palais Royal le 24 juin 1661. Elle fut également jouée à la cour, à Fontainebleau et à Vaux Le Vicomte chez le surintendant Fouquet. Ce fut un immense succès.

La pièce tient de la farce, une authentique comédie de caractères avec des personnages complexes, vivants et l’intrigue est superbement nouée.
LES FACHEUX : comédie-Ballet en trois actes et en vers. Errasse aime Orphise. Il l’épouse et est importuné sans cesse par un défilé de personnages : 10 facheux qui viennent successivement ennuyer Errasse. La pièce est l’ancêtre des « comédies à tiroirs.» C’est une galerie de portraits, mimés, animés, dansés où la verve satirique tient lieu d’intrigues.

Molière veut flatter le Roi par l’intermédiaire de Fouquet qui commande la pièce. Pièce d’un nouveau genre, exempte de toutes restrictions, de toutes conventions, et faisant appel à toutes les techniques du spectacle. Molière signe ici un premier essai, un théâtre total. La pièce fut créée à Vaux Le Vicomte le 17 août 1661, ce fut un immense succès.


L’ECOLE DES FEMMES : comédie en cinq actes et en vers. Molière y reprend le thème de l’Ecole des Maris. Arnolphe qui a des conceptions analogues à celle de Sganarelle élève sa pupille Agnès dans l’ignorance absolue. Il compte l’épouser tout en s’assurant de ne jamais être trahi et d’avoir la femme la plus soumise qui soit. Malgré toutes ses précautions, Agnès s’éprend d’Horace et invente d’instinct quelques astuces nécessaires. Arnolphe est ridiculisé. La pièce fut créée au le 26 décembre 1662 dans une mise en scène éblouissante de précision et de verve. Un immense succès couronne ici toute la carrière de notre grand Homme. Un succès éclatant auprès des critiques, Louis XIV rit tout au long de la pièce, Molière tenait le rôle d’Arnolphe et Agnès ne fut pas jouée par Armande bien qu’elle en fut l’inspiratrice mais par Catherine de Brie. Une pièce intéressante va suivre et pour cause : La Critique de L’Ecole des femmes.
LA CRITIQUE DE L’ECOLE DES FEMMES : comédie en un acte et en prose. Uranie et Elise vont débattre avec deux autres jeunes femmes d’esprit de la pièce du grand Molière : L’Ecole des Femmes. Les unes sont partisanes de la pièce, les autres sont les adversaires. Une vraie conversation dont les protagonistes sont d’une vérité absolue ; un naturel se dégage de la pièce et l’on rencontre tout le discours possible et imaginable des spectateurs au sortir de ce spectacle. La pièce fut représentée pour la première fois le 1er juin 1663 et imprimée en Août. Molière ne fut pas de la distribution. Boursault, jeune auteur de vingt-cinq ans ayant cru se reconnaître dans le personnage de Lysidas, fit jouer à l’Hôtel de Bourgogne, une réponse à la Critique : Le Portrait du Peintre. Molière alla voir la pièce. L’impromptu Mûrissait.
L’IMPROMPTU DE VERSAILLES : comédie en un acte et en prose. Dans cette pièce le metteur en scène : Molière et ses comédiens jouent leur propre rôle, les comédiens n’ont pas eu le temps d’apprendre leur texte et se demandent s’ils pourront se produire devant le Roi. La pièce est fort intéressante, on découvre les détails précis sur les méthodes de travail, la façon de jouer la comédie, les projets de l’auteur-comédien. La pièce est très vivante. L’impromptu fut créé à Versailles le 14 octobre 1663 et repris à paris le 4 novembre de la même année.
LE MARIAGE FORCE : comédie en un acte et en prose. Sganarelle est le fiancé de Dorimène mais comme cette dernière est jeune et jolie, il craint d’être cocu et va de plus en plus se dégager de sa promesse de mariage. Alcidas, le frère de Dorimène exige que Sganarelle épouse sa soeur ou bien se batte. Les coups de bâton auront raison de sa résistance. Le mariage a lieu à la grande satisfaction du père, débarrassé de la belle Dorimène. Une charmante farce commandée par Louis XIV lors d’une fête au Louvre le 29 et 31 janvier1664 et ensuite au Palais-Royal à partir du 15 février de la même année. Molière tenait le rôle de Sganarelle. Une inspiration du mariage de Panurge de Rabelais montre dans cette pièce que Molière a creusée et réussit une bonne pièce. On remarque dans le Mariage forcé, un prologue de Georges Dandin.

LA PRINCESSE D’ELIDE : comédie-ballet en cinq actes, en vers et en prose. Pour se faire aimer l’un de l’autre, les deux héros éveillent réciproquement leur jalousie en déclarant être amoureux d’un et d’une autre. Un jeu essentiel de fausses confidences. La pièce comporte un prologue et des intermèdes dansés et chantés. Cette pièce fut donnée à Versailles pour la Reine mère, l’épouse du

Roi et Louise de La Vallière, la maîtresse du roi. La Princesse d’Elide fut l’intérêt d’une grande fête nommée « Les plaisirs de l’Ile enchantée. » pressé par le temps, Molière écrivit le reste de la pièce en prose. Elle fut reprise le 8 mai 1664, et au Palais-Royal le 9 novembre.

Le texte est inspiré du Roland Furieux de l’Arioste et fut pour Molière une expérience de Théâtre total. Le Roi fut flatté.
LE TARTUFFE OU L’IMPOSTEUR : comédie en cinq actes et en vers. Orgon, impressionné par la piété et la vertu de Tartuffe, impose ce personnage à toute sa famille qui n’est pas dupe. Tartuffe avec beaucoup d’adresse et de duplicité étend son emprise en obtenant une donation en bonne et due forme de tous les biens d’Orgon. Ce qui ne l’empêche pas de briguer à la fois la main de Marianne, fille d’Orgon et les faveurs d’Elmire sa deuxième femme. Démasqué par Cléante, Tartuffe réussit à neutraliser sa dénonciation mais Elmire agence une mise en scène de comédie. Tartuffe baisse le masque mais use de toutes les armes qu’il a en sa possession. Le Roi alerté intervient en faveur d’Orgon et de toute sa famille.

Cette pièce fut la plus grande et la plus longue bataille de toute la vie de Molière, elle fut représentée dans une première version le 12 mai 1664 ; Molière jouait le rôle d’Orgon. Du Croissy fut Tartuffe.


DON JUAN OU LE FESTIN DE PIERRE : comédie en cinq actes et en prose. Don Juan abandonne Dona Elvire son épouse pour voler vers de nouvelles aventures. Le frère d’Elvire le poursuit pour le provoquer. Il sauve l’un d’eux des brigands car ce libertin est aussi courageux que cynique. Il se moque de tous, des vengeurs de sa femme, de ses créanciers, de son père et même de la statue du commandeur, qu’il a tué. Il ira en enfer en mettant sa main de chair dans celle de pierre de la statue. Le sujet était fort à la mode à l’époque. La pièce fut créée le 15 février 1665. Succès médiocre. On accusa de plus en plus Molière d’impiété. Molière tenait le rôle de Sganarelle, La Grange celui de Don Juan. La pièce fut interdite et plus jamais rejouée du temps de Molière.
L’AMOUR MEDECIN : comédie-ballet en trois actes et en prose. Lucinde, fille de Sganarelle aime Clitandre, mais le père ne veut pas de ce mariage. Lucinde feint d’être malade. Cinq médecins viennent à son chevet qui n’étalent en fait que leur ridicule. Un sixième qui est Clitandre déguisé, trouve la nature du mal et sous le couvert d’une mascarade épouse Lucinde au nez de son père. Un divertissement commandé par le roi et bâclé en cinq jours, mais le travail est encore une fois, remarquable, première attaque contre la faculté. La pièce fut créée à Versailles le 15 septembre 1665 et reprise au Palais-Royal le 22 mai, Molière jouait Sganarelle.
LE MISANTHROPE : Comédie en cinq actes et en vers. Alceste hait toute hypocrisie, exige sincérité absolue en toutes circonstances. Il aime Célimène, belle et jeune veuve, coquette et médisante. Alceste a peur de perdre celle qu’il aime et ne peut toutefois s’empêcher de lui reprocher ses légèretés et ses coquetteries. Mais Célimène se moque de tous ses soupirants et tous vont se retourner contre elle, un seul demeure, le sincère Alceste, il lui propose le mariage et l’exil, cette dernière accepterait bien le mariage, mais l’exil lui serait intenable. Molière signe ici son chef-d’oeuvre et même un ennemi Subligny parle d’oeuvre inimitable. La pièce n’eut pourtant aucun succès. La critique fut bonne. La finesse de la psychologie des personnages, les ressorts dramatiques ne laissent personne indifférent de nos jours. La pièce fut créée le 4 juin 1666. Molière jouait évidemment le rôle d’Alceste et Armande tenait le rôle de Célimène. Cette dernière, infidèle à souhaits trouve ici le rôle de sa vie. Partenaire à la ville comme à la scène, Molière son dramaturge de mari s’est certainement dépassé dans ses magnifiques vers.
LE MEDECIN MALGRE LUI : comédie en trois actes et en prose. Une farce dont le thème rappelle : Le Médecin Volant et qui le sera jusqu’au Malade Imaginaire. Sganarelle bat sa femme, cette dernière va lui jouer un tour pendable, elle va faire le récit de son mari comme étant un médecin habile, le plus habile qui soit, mais celui-ci n’en convient que si on le bat. Battu, Sganarelle avoue être médecin et est amené chez Lucinde qui feint d’être muette parce que Géronte son père veut la marier à un autre que Léandre. C’est certainement la meilleure farce de Molière. Créée le 6 août 1666, Molière jouait le rôle de Sganarelle. Le succès fut immense.
MELICERTE : comédie pastorale héroïque en deux actes et en vers. Le jeune berger Myrtil aime Mélicerte, mais son père Lycarsis préférerait qu’il épouse Eroxène ou Daphné, deux nymphes qui l’aiment également. Il cède cependant aux supplications de son fils et au moment où Myrtil va épouser Mélicerte, on annonce l’arrivée du Roi qui emmène cette dernière épouser un grand seigneur.

On devine la suite, mais Molière n’écrivit que les deux premiers actes. La pièce fut commandée par le Roi et créée lors d’une grande fête donnée à la cour pour marquer la fin du deuil de la Reine Mère, Anne d’Autriche (20 janvier 1666). Tous les artistes de l’époque y participaient dans toutes les disciplines, Lully, Benserade etc...Mélicerte fut créée le 2 décembre 1666 à St Germain en Laye avec Baron dans le rôle de Myrtil, Molière lui écrivit le rôle et en fut si mécontent qu’il renonça à achever la pièce, la retira et la remplaça par la Pastorale Comique. En 1699, Nicolas Guérin (Fils d’Armande et de Guérin d’Estriché) réécrivit Mélicerte en vers irréguliers et y ajouta un troisième acte. Cette pièce revêt quelques similitudes avec le Grand Cyrus de mademoiselle de Scudéry. Femme de lettres et auteur traduit à l’époque en arabe.


PASTORALE COMIQUE : ballet en vers. Molière ayant lui-même détruit le texte de la pastorale, on n’a gardé que les couplets insérés dans le ballet (la musique était de Lully). On devine une intrigue simple : Deux bergers riches se voient préférer dans le cœur de la bergère Iris, le jeune beau et pauvre Cordon. Cette pastorale remplaça Mélicerte à partir du 5 janvier 1667.
LE SICILIEN OU L’AMOUR PEINTRE : comédie-Ballet en un acte, en prose et en vers. Don Pèdre a affranchi sa jolie esclave Isidore et veut l’épouser. Adraste, qui aime Isidore prend la place du peintre chargé de faire son portrait, lui fait la cour, et à la faveur d’une supercherie fuit avec elle. C’est un écho affaibli de l’Ecole des Femmes, et cela annonce : Le Barbier de Séville. Ce fut un divertissement galant. La pièce fut créée le 14 février 1667, elle fut reprise au Palais-Royal. Satisfait de sa réussite dans un genre qui ne lui était pas familier. Molière jouait Don Pèdre. Après le Sicilien, une année se passera sans que Molière donne de nouvelles pièces. Son Tartuffe l’affecta beaucoup, Ninon de Lenclos prit son parti et lui fit le plus grand accueil. Dans son salon une lecture eut lieu. Ses détracteurs étant nombreux, il tomba malade, le bruit de sa mort courut à Paris.
AMPHITRYON : comédie en trois actes et en vers. Jupiter aime Alcmène, épouse d’Amphitryon qui est à la guerre. Le dieu prend l’apparence d’Amphitryon, Mercure prenant celle de Sosie, compagnon d’Amphitryon. Alcmène est évidemment abusée. Les deux compagnons reviennent inopinément et se trouvent en présence de leurs doubles. Jupiter finit par révéler qui il est, et annonce qu’Alcmène donnera le jour à un fils Hercule, et que tout l’honneur en sera pour Amphitryon.

Cette pièce grande immoralité est imitée de Plaute et nous fait voir un acte de courtisanerie vis-à-vis de Louis XIV, qui prenait exactement les mêmes libertés que Jupiter. Amphitryon fut créé au Palais-Royal le 13 Janvier 1668. Molière jouait le rôle de Sosie.


GEORGE DANDIN OU LE MARI CONFONDU : comédie en trois actes et en prose. George Dandin riche paysan a épousé Angélique et obtient en raison de sa fortune la main d’une fille de gentilhomme, contre le gré de celle-ci. Ce dernier voulait s’élever au-dessus de sa condition, il se voit ridiculiser par sa femme de toutes les manières et avec tant d’astuces que les spectateurs sont toujours de son côté. Cette pièce est la plus immorale de toute l’oeuvre de Molière, mais pose un principe essentiel de la vision du devoir : L’homme n’est tenu de respecter que les engagements librement consentis.

La pièce fut créée à Versailles le 18 juillet 1668 au cours des fêtes données par le Roi pour célébrer le traité d’Aix-la-Chapelle et aussi Madame de Montespan. Molière s’est inspiré de deux oeuvres de Boccace. Boccace lui-même avait emprunté le thème à un conte indien : Le Dolopathos, datant du Ier siècle avant Jésus-Christ. Molière jouait le rôle de George Dandin dont le personnage se rattache à tous les Sganarelle des farces antérieures, et annonce quelque peu le Bourgeois Gentilhomme.


L’AVARE : comédie en cinq actes et en prose. Harpagon, riche et avare veut donner sa fille sans dot à un homme âgé, il prétend également marier son fils à une riche veuve et garder sa part d’héritage. Il veut épouser la jeune fille pauvre Ariane dont son fils est amoureux. Des circonstances vont se prêter à quelques subterfuges. Molière s’est inspiré d’une comédie de Plaute mais la dépasse singulièrement. Comme dans Tartuffe, comme dans les Femmes Savantes et le Malade Imaginaire, on trouve ici une famille bouleversée par le vice d’un membre d’une famille (et c’est souvent le père). L’Avare fut créé au Palais-Royal le 9 septembre 1668 et ne fut pas un succès. Après 20 représentations on retira la pièce qui ne fut reprise avec succès qu’après la mort de Molière.

Molière jouait le rôle d’Harpagon. Fielding en fit une adaptation brillante et le thème fut repris par Honoré de Balzac dans Eugénie Grandet.


MONSIEUR DE POURCEAUGNAC : comédie-Ballet en trois actes et en prose. Julie et Eraste s’aiment mais son père Oronte la destine à un gentilhomme limousin M. de Pourceaugnac. Ce dernier est un benêt, grotesque, pas gentilhomme mais bourgeois à prétentions nobiliaires. Dès son arrivée à Paris il devient la cible des plus cruelles plaisanteries. On le fera passer pour fou, on lui suscitera de faux créanciers, de fausses amoureuses, il est accusé d’enlèvement en la personne de Julie. Délivré par Eraste, ce complot permet les épousailles des deux amoureux et surtout la bénédiction du père : Oronte.

Cette pièce fut créée pour le Roi lors d’un divertissement du Roi; elle eut grand succès à la cour, comme à la ville et la Comédie Française la joue, traditionnellement, le Mardi-Gras.



La musique fut de Lulli, Molière jouait M. de Pourceaugnac.
LES AMANTS MAGNIFIQUES : comédie-ballet en cinq actes, en prose et six intermèdes mimés et chantés. Dans une Grèce légendaire, deux princes aiment la princesse : Eriphile. Cette dernière aime le valeureux général Sostrate. Sostrate aime Eriphile en secret. Ils s’avouent enfin leur amour. Un des princes invente un stratagème qui se retourne contre lui et permet à Sostrate de se conduire en héros et d’épouser sa bien-aimée. Encore une oeuvre commandée par le Roi lors d’une fête à Versailles, la musique est à nouveau de Lulli ; la pièce fut représentée à Saint-Germain-en-laye le 4 février 1670, pour le carnaval. Molière jouait le rôle de Clitidas. La pièce ne fut imprimée qu’après sa mort, après neuf représentations en 1668, elle tomba dans l’oubli jusqu’en 1954 où Jean Meyer la reprit à la Comédie Française.
LE BOURGEOIS GENTILHOMME : comédie-ballet en cinq actes et en prose. Enrichi dans le commerce du drap, M. Jourdain se veut « homme de qualité » il engage des maîtres de musique, de danse, d’armes et de philosophie. Il se lie avec un chevalier d’industrie qui le gruge avec son amie Dorimène qui se moque de lui. Sourd aux reproches de sa femme M. Jourdain prétend aussi marier sa fille à un seigneur. Cette comédie est le portrait d’un homme en proie à son vice et à sa bêtise. Présentée « pour le divertissement du Roi » à Chambort, le 14 octobre 1670, l’œuvre fut reprise au Palais-Royal à partir du 23 novembre. Molière jouait le rôle de M. Jourdain.
PSYCHE : tragédie-ballet en cinq actes et en vers. La pièce reprend le mythe antique de Psyché à qui le dieu amour assurait un bonheur éternel à condition qu’elle ne cherche pas à voir le visage de son époux. Psyché ne peut résister à la curiosité, excitée encore par ses sœurs qui jalousent son bonheur. La nuit, elle allume une lampe découvre que son mari est Amour lui-même, mais une goutte d’huile tombe, réveille Amour qui disparaît dans les airs. Psyché sera pardonnée par Jupiter et Amour et retrouvera son bonheur perdu. Commandée pour être représentée au Théâtre des Machines des Tuileries, cette pièce constitue un grand spectacle de cinq heures, Molière n’écrivit que la trame du spectacle, l’acte I et la première scène des actes II et III, les poèmes chantés sont de Quinault, onze cent vers de Corneille et la musique de Lulli qui écrivit aussi une vingtaine de vers. La pièce fut représentée aux Tuileries en janvier 1671 et pendant tout le carnaval fut reprise au Palais-Royal à partir du 24 juillet. Molière jouait le petit rôle de Zéphire. Baron dont c’était la rentrée triompha dans celui de l’Amour. C’est dans cette pièce que l’on raconte à l’époque qu’Armande émue par la beauté de Baron ait eu des faiblesses pour lui et que notre Corneille (65 ans) se prit d’une « extrême estime » pour Armande.
LES FOURBERIES DE SCAPIN : comédie en trois actes et en prose. En l’absence de leurs pères respectifs, Octave a épousé Hyacinthe, jeune fille pauvre et obscure, et Léandre s’est engagé à Zerbinette, une égyptienne. Les pères de retour, les jeunes gens s’en remettent à Scapin pour obtenir les consentements paternels. Scapin suscite des incidents burlesques, dupe les pères et obtient consentement et argent. Il en profite pour se venger de l’avarice de Géronte, le cache dans un sac pour échapper à des spadassins imaginaires. Pour composer cette comédie, Molière renoue avec le théâtre de verve d’autrefois. Il reprend le canevas d’une de ses vieilles farces, gorgibus dans le sac, s’inspire de Térence (Phormion), de Cyrano de Bergerac (Le Pédant joué), à Rotrou (La Sœur) il l’écrivit pendant qu’on montait Psyché. La pièce fut un échec contrairement à Psyché. Créée le 24 mai 1671 au Palais-Royal, la pièce fut retirée en juin et ne reparut plus à l’affiche du vivant de Molière. Il jouait le rôle de Scapin.
LA COMTESSE D’ESCARBAGNAS. comédie en un acte et en prose. A Angoulême, Mme d’Escarbagnas, provinciale d’âge mûr mais qui se veut jolie femme douée de toutes les finesses de l’esprit parisien, s’entoure d’admirateurs et lorgne un beau et jeune vicomte qui ne vient chez lui que pour voir librement la jeune Julie. Les deux jeunes gens ne peuvent se voir ailleurs, leurs parents étant brouillés. Les extravagances prétentieuses de la comtesse finissent par lasser tout le monde, Julie épouse le jeune vicomte, Mme d’Escarbagnas sera très heureuse de convoler avec le très modeste Monsieur Tibaudier. La pièce fut écrite à la demande du Roi alors que Molière travaillait aux Femmes Savantes. C’est le seul tableau des mœurs provinciales de son oeuvre. Créée à Saint-Germain-en-Laye le 2 décembre 1671, à l’occasion des fêtes de mariage de Monsieur avec la princesse Palatine, on représenta aussi, à cette occasion, un Ballet et une pastorale dont Molière avait commandé la musique à Charpentier (il était en froid avec Lulli). Cette pastorale est perdue. La Comtesse fut jouée cinq fois à la cour, et reprise sept fois encore en février 1672. Molière la mit au programme du Palais-Royal à partir du 8 juillet 1672. Il n’était pas de la distribution.
LES FEMMES SAVANTES : comédie en cinq actes, en vers. Philaminte, sa sœur, Bélise et sa fille Armande cultivent le bel esprit et la pédanterie grotesque, au grand ennui de son mari Chrysale, bourgeois sensé qui aimerait vivre simplement. Il trouve quelque appui auprès de sa seconde fille, Henriette et auprès de Martine la servante. Henriette désire épouser Clitandre mais Philaminte la destine à Trissotin, poète médiocre et sot, mais flatteur habile. Le faible Chrysale céderait encore si la nouvelle, fausse évidemment, de la ruine de la famille n’amenait Trissotin à révéler ses vrais sentiments qui visaient la fortune et non la jeune fille. Henriette épousera Clitandre. Ce dernier penchait pour Armande qui l’éconduit et lui préfère la philosophie. Encore une famille désorganisée par le vice d’un de ses membres, mais c’est de la mère qu’il s’agit et non pas du père comme à l’accoutumée dans les pièces de notre grand homme. La pièce fut créée au Palais-Royal le 11 mars 1672. Bien que Molière eût prié le public de ne pas chercher dans ses personnages des individus de la ville, tout le monde reconnut en Trissotin : l’abbé Cotin, et en Viadus : Ménage. Molière jouait le rôle de Chrysale.
LE MALADE IMAGINAIRE : comédie-ballet en trois actes, en prose, avec intermèdes dansés et chantés, en vers. Argan est un malade imaginaire, tout au pouvoir de son médecin, et de sa seconde femme, Béline qui ne l’a épousé que pour son argent et sa faible santé qui fera d’elle une riche veuve. Angélique fille d’Argan aime Cléante mais son père veut la donner à Diafoirus, fils de médecin. Béline soutien ce projet. Un subterfuge révélera les vrais sentiments de Béline et d’Angélique envers le malade imaginaire. Ici encore une famille est vouée au malheur par l’idée fixe et la bêtise d’un de ses membres. Spectacle délayé dans de la danse, du chant et mime. Théâtre total conçu pour le divertissement du Roi, depuis peu revenu vainqueur de Hollande. Le roi ne demanda cependant pas à voir la pièce. Retirait-il sa faveur à Molière ? Il venait en tout cas d’accorder à Lulli qui à présent poursuivait Molière de sa haine, le presque monopole des spectacles comprenant de la musique. La musique du Malade Imaginaire était de Marc-Antoine Charpentier. La pièce fut créée au Palais-Royal le vendredi 10 février 1673, Molière interprétait Argan. Il le jouait encore le 13, le 14, et le vendredi 17 février. Ce jour, en sortant de scène, il s’alita et mourut dans la nuit. La troupe joua le Malade Imaginaire devant le roi le 19 juillet 1674 mais sans leur chef de troupe. Molière s’étant envolé à jamais au royaume des cieux.
Molière a écrit un long poème de trois cent soixante six vers qu’il dédia à son ami Le peintre Pierre Mignard : La Gloire du Val de Grâce.
MARTINE AMSILI






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