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Culture générale – Philosophie – Histoire des sciences et épistémologie


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Thème transversal : histoire de la connaissance scientifique

Culture générale – Philosophie – Histoire des sciences et épistémologie.



Trois approches majeures : les analyses de Gaston Bachelard*, de Karl Popper* (auteurs au programme), plus celles de Thomas Kuhn (maintenant célèbres). Ces références ont l’intérêt de pouvoir s’appliquer à d’autres domaines : dans les autres sciences, humaines et sociales notamment, pour l’histoire de l’art, des idées politiques, des idéologies, etc.
Bachelard. 1°) Situer ses repères biographiques ; l’ensemble des objets sur lesquels ont porté ses analyses. 2°) Commencer par lire les textes présents dans le Manuel scolaire [Texte n° 8 p. 49 : « La perception, premier obstacle épistémologique » ; Texte n° 3 p. 304-305 : « L’opinion est un obstacle à la constitution de la science » (texte à analyser)], puis dans d’autres Manuels. 3°) Trouver une exposition de ses études épistémologiques.
 Karl Popper. 1°) Se renseigner sur sa biographie ; 2°) et l’ensemble des problèmes qu’il aborde. 3°) Noter sa thèse centrale, de manière aussi exacte et explicite que possible. 4°) Lire les les textes présents dans le Manuel scolaire, puis dans d’autres Manuels.
 Thomas Kuhn. 1°) Situer rapidement sa formation. 2°) Résumer sa thèse centrale : la théorie des paradigmes. 3°) Préciser de manière suffisante le sens de la notion de « paradigme », ses différentes dimensions, et ses conséquences. 4°) Retenir les exemples les plus marquants dans l’histoire des sciences.
Pour les TS : - On rattachera à ces références une recherche sur Galilée : 1°) sa biographie : quelques faits et dates notables ; 2°) ses principaux travaux ; 3°) le contenu de ce qu’on a appelé la « révolution galiléenne » (suite à la « révolution copernicienne). L’œuvre de Galilée a été étudiée par Alexandre Koyré (Études galiléennes, Du monde clos à l’univers infini), sur lequel s’appuie Kuhn.

- On vérifiera sa connaissance des lois de Newton, et des principes qu'il a formulés...



Pour les TES : on comparera avec une référence dans le domaine des sciences sociales : la méthode explicative représentée par Durkheim, ou la méthode compréhensive* associée à Max Weber.

Thème transversal : histoire de la connaissance scientifique

Culture générale – Philosophie – Histoire des sciences et épistémologie.



Trois approches majeures : les analyses de Gaston Bachelard*, de Karl Popper* (auteurs au programme), plus celles de Thomas Kuhn (maintenant célèbres). Ces références ont l’intérêt de pouvoir s’appliquer à d’autres domaines : dans les autres sciences, humaines et sociales notamment, pour l’histoire de l’art, des idées politiques, des idéologies, etc.
Bachelard. 1°) Situer ses repères biographiques ; l’ensemble des objets sur lesquels ont porté ses analyses. 2°) Commencer par lire les textes présents dans le Manuel scolaire [Texte n° 8 p. 49 : « La perception, premier obstacle épistémologique » ; Texte n° 3 p. 304-305 : « L’opinion est un obstacle à la constitution de la science » (texte à analyser)], puis dans d’autres Manuels. 3°) Trouver une exposition de ses études épistémologiques.
 Karl Popper. 1°) Se renseigner sur sa biographie ; 2°) et l’ensemble des problèmes qu’il aborde. 3°) Noter sa thèse centrale, de manière aussi exacte et explicite que possible. 4°) Lire les les textes présents dans le Manuel scolaire, puis dans d’autres Manuels.
 Thomas Kuhn. 1°) Situer rapidement sa formation. 2°) Résumer sa thèse centrale : la théorie des paradigmes. 3°) Préciser de manière suffisante le sens de la notion de « paradigme », ses différentes dimensions, et ses conséquences. 4°) Retenir les exemples les plus marquants dans l’histoire des sciences.
Pour les TS : On rattachera à ces références une recherche sur Galilée : 1°) sa biographie : quelques faits et dates notables ; 2°) ses principaux travaux ; 3°) le contenu de ce qu’on a appelé la « révolution galiléenne » (suite à la « révolution copernicienne). L’œuvre de Galilée a été étudiée par Alexandre Koyré (Études galiléennes, Du monde clos à l’univers infini), sur lequel s’appuie Kuhn.

- On vérifiera sa connaissance des lois de Newton, et des principes qu'il a formulés...



Pour les TES : on comparera avec une référence dans le domaine des sciences sociales : la méthode explicative représentée par Durkheim, ou la méthode compréhensive* associée à Max Weber.

Bachelard analyse la constitution de la science moderne et contemporaine en relation avec les transformations de « l’esprit scientifique » et de l’esprit tout court, comme autant de réformes intellectuelles radicales que requiert l’intelligence du réel (Le nouvel esprit scientifique, La formation de l’esprit scientifique). Ses analyses, qui recueillent l’inspiration philosophique de Platon ou de Descartes, portent d’abord sur la distance qui sépare la science de l’opinion, le travail de la raison scientifique par opposition à la perception et à l’imagination intellectuellement trompeuses. La connaissance ne peut se constituer qu’en opérant une rupture épistémologique avec la manière de penser héritée. La connaissance scientifique ne se fait jamais ex nihilo. Elle se constitue toujours contre la connaissance vulgaire. La rupture épistémologique se situe donc au niveau du passage de la simple opinion à la théorie rationnelle. Cette dernière exige, pour sinstaurer, de détruire une connaissance antérieure, qui est toujours une connaissance mal faite. « Une expérience scientifique est une expérience qui CONTREDIT lexpérience commune ». Doù les paradoxes : les sciences expérimentales de la nature doivent aller contre l'expérience première et l’attitude naturelle, les habitudes de pensée, le langage, le sens commun : autant d’obstacles internes à l’esprit qui recherche. ­- D’où le concept dobstacle épistémologiques (= à la connaissance scientifique) . Il ne sagit pas dobstacles extérieurs comme la difficulté dobserver les phénomènesni des obstacles techniques liés à la mise au point des instruments. Cest de manière interne à l'acte de connaître (epistémé : connaissance en grec) et à lesprit même du chercheur dans sa démarche intellectuelle, que lon trouve des causes dincompréhension, dinertie, darrêt et même de régression. Le concept dobstacle épistémologique désigne une résistance (au sens psychanalytique du terme) au développement de la connaissance, interne à lacte même de connaître, nourrie daffects et dimages.

Par cette thèse de la discontinuité, Bachelard se révèle un adversaire du continuisme, selon laquelle le trajet de la connaissance se ferait dune façon linéaire et continue. Le progrès, pour Bachelard, est incontestable, il constitue la dynamique même de la culture scientifique. Mais il ne seffectue pas selon une marche régulière et ininterrompue, il nest pas une simple accumulation de découvertes et dinventions qui sadditionneraient progressivement, mais un cours non rectiligne fait de perpétuelles transformations. Lactivité du savant ne consiste pas à accumuler des descriptions ou des faits positifs, et la conquête de lobjectivité ne signifie en aucun cas une neutralité impartiale. Au contraire, la science est par elle-même une activité polémique dont les progrès relèvent dune histoire dialectique, puisquelle doit sans cesse contredire ce quon croyait et ce quelle pensait. Lattitude du savant relève dune Philosophie du non.


Dans La formation de l'esprit scientifique (1938). L'ambition de Bachelard est de réaliser une « psychanalyse » de la connaissance, c'est-à-dire de montrer quels soubassements inconscients conduisent l'esprit du chercheur à mal interpréter des faits et à commettre des erreurs qui produisent une méconnaissance. Des obstacles viennent se placer entre le désir de connaître du scientifique et l'objet étudié. Durant sa formation, l'esprit scientifique a lutter contre lui-même pour s'arracher à ses illusions et parvenir ainsi à la connaissance.
Bachelard relève une dizaine d'obstacles épistémologiques : l'expérience première, la connaissance générale, l'obstacle verbal, la connaissance pragmatique, l'obstacle substantialiste, le réalisme, l'obstacle animiste, la prégnance de certaines images empruntées à des fonctions organiques (comme le mythe de la digestion), la libido et enfin la connaissance quantitative.

L'obstacle de l'expérience première consiste à s'attacher aux aspects impressionnants d'un phénomène, ce qui empêche d'en saisir les propriétés objectives.

La connaissance générale consiste à généraliser trop vite, ce qui fait perdre de vue les caractéristiques essentielles d'un phénomène. Énoncer que les corps tombent dans le vide à la même vitesse ne permet pas de comprendre le phénomène d'accélération à l'attraction terrestre.

L'obstacle verbal se produit lorsqu'on croit expliquer un phénomène en le nommant. Par exemple, Réaumur se servait de l'éponge pour expliquer comment les nuages faisaient tomber la pluie. Un mot et une image tiennent alors lieu d'explication. On peut cependant souligner ici que l'image rationalisée peut servir à la compréhension, mais à condition toutefois qu'elle soit précédée de l'explication théorique.

La connaissance pragmatique consiste à expliquer un phénomène à partir de son utilité, ce qui revient à faire comme si toute chose avait une fonction précise par rapport à nous.

L'obstacle substantialiste consiste en la recherche d'une substance, c'est-à-dire d'un support matériel, pour rendre raison d'un phénomène. On croyait par exemple au XVIIIe siècle que l'aimant était doté d'une colle : le flegme, qui devait expliquer l'action à distance de l'aimant.

Le réalisme chez Bachelard est un trouble lié à la possession. Certains alchimistes pensaient par exemple que l'or possédait en lui des vertus thérapeutiques.



L'obstacle animiste attribue à des objets inertes des propriétés des organismes vivants. Par exemple : au XVIIIe siècle, la rouille est considérée comme une maladie du fer. / Le mythe de la digestion conduit à penser que les phénomènes procèdent de la même manière que le corps humain, par ingestion, digestion et sécrétion. / La libido attribue des caractères sexuels à des phénomènes qui ne relèvent pas de la reproduction. Il s'agit d'une projection de fantasmes sexuels sur les phénomènes de la nature.

La connaissance quantitative porte également en elle un obstacle. Il ne s'agit pas de réfuter ce type de connaissance, la science moderne est née avec la mathématisation du réel permise par les instruments de mesure, mais de souligner un obstacle possible : celui de croire que la précision de la mesure donne la possession de l’explication de l'objet. - [source : Nicolas Rouillot].


Pour tout esprit scientifique en formation, Bachelard préconise quatre impératifs :

- réaliser une catharsis intellectuelle et affective (consiste à se purifier de ses préjugés et de ses opinions - « l'opinion ne pense pas » pour Bachelard) ;

- réformer son esprit (éduquer l'esprit non pas en le saturant de connaissances, mais en lui apprenant à se réformer sans cesse et à éviter de s'enliser dans des habitudes intellectuelles) ;

- refuser tout argument d'autorité (rejeter tout argument qui ne tient qu'au respect aux autorités intellectuelles, et non à une démonstration logique ou expérimentale) ; et

- laisser ou cultiver sa raison inquiète (l'inquiétude de la raison consiste à ne pas trop laisser sa raison en repos, à exercer son esprit critique et sa liberté de jugement).

La science a une histoire : Bachelard (1884-1962) et Alexandre Koyré (1882-1964)


Grâce à leur mise en perspective historique, Bachelard et Koyré ont révolutionné l’épistémologie. Ils ont montré que, loin d'être une et continue, la science se réforme et se transforme.

À partir des années 1920, le philosophe français Gaston Bachelard joua un rôle déterminant le renouveau de la philosophie des sciences. À la différence du « positivisme logique » en plein essor en Autriche, en Allemagne et dans les pays anglophones, il adopta une approche fondamentalement historique de la science, estimant que cette dernière n'était pas réductible à une analyse formelle de sa méthode ou de ses contenu. Il s'opposa également à l'effort des « positivistes logiques » de reconstruire la science à partir des données sensorielles, considérant au contraire qu'une expérience n'acquiert une signification que dans un cadre théorique donné.


La théorie est inévitable : « L'observation scientifique est toujours une observation polémique; elle confirme ou infirme une mise antérieure, un schéma préalable, un plan d'observation. Naturellement, dés qu'on passe de l'observation à l'expérimentation, le caractère polémique de la connaissance devient plus net encore. Alors il faut que le phénomène soit trié, filtré, épuré, coulé dans le moule des instruments, produit sur le plan des instruments. Or les instruments ne sont que des théories matérialisées. Il en sort des phénomènes qui portent de toutes parts la marque théorique» (Gaston Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique, 1934).

À la même époque, cette valorisation de l'approche historique de la science trouva un soutien majeur dans les travaux de l'historien français d'origine russe Alexandre Koyré. Là où Bachelard développait une philosophie historique des sciences, Koyré développa une histoire philosophique des sciences, au sens où il éclaira l'histoire des sciences par ses soubassements philosophiques. Bachelard et Koyré furent en butte au courant existentialiste qui domina la scène philosophique française dans les années 1950 : pour cette philosophie du sujet, la vérité ultime se situait dans l'expérience vécue, à la racine de l’existence. Or, pour Bachelard et Koyré, l'expérience première devait être corrigée par la réflexion rationnelle, non pas une rationalité atemporelle, mais une rationalité qui évoluait en accord avec le développement scientifique. La science n'est pas une connaissance seconde, comme l'existentialisme le prétendait, mais la connaissance par excellence.


Ruptures et discontinuité – Bachelard et Koyré avaient assisté aux grands bouleversements de la physique (théorie de la relativité, mécanique quantique). Afin de conceptualiser ces mutations scientifiques, ils défendirent tous deux une vision discontinuiste du progrès scientifique. Bachelard avança ainsi que, pour progresser, toute science devait rompre avec les « obstacles épistémologiques » que sont les façons de penser associées au sens commun ou aux anciens modes de pensée des savants. De là sa thèse que le développement de la science passe par une série de « ruptures épistémologiques » : les scientifiques développent de nouvelles conceptions de la nature et de nouvelles méthodes pour l'étudier.

Koyré exprima la discontinuité à travers le concept de « révolution scientifique » qui fut plus tard repris par l'historien des sciences Thomas Kuhn (1922-1996). Bachelard s’intéressait particulièrement à la science du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Koyré, lui, a voulu saisir les conditions ayant présidé à l'apparition de la science moderne au XVIIe siècle. Il fut l'un des premiers à utiliser l'expression de « révolution scientifique » pour cette période. Contre une vulgate qui associait les mutations scientifiques de ce XVIIe siècle au développement de la méthode expérimentale, il avança que la physique (de Galilée à Newton) reposait avant tout sur une révolution philosophique, marquée par le retour du platonisme. La métaphysique de Platon affirme en effet la structure intelligible du réel, demande, au-delà de l’apparence sensible, de remonter aux idées intellectuelles éternelles qui constituent l’essence des phénomènes, pose le privilège des mathématiques et des idées pures pour connaître la vérité. Elle rend ainsi possible, elle guide et elle favorise la fondation de la science moderne par Galilée qui clame : « le grand livre de la Nature est écrit en langage mathématique ».
De l'intérêt de la notion d'erreur – Bachelard et Koyré mirent la notion d'erreur au cœur de leurs analyses. Koyré estimait que, pour l’historien, les erreurs d'un savant étaient souvent plus précieuses que ses réussites. C'était grâce à elles que l'on pouvait comprendre la démarche scientifique. Pour cette raison, les études historiques ne devaient pas être des catalogues de réussites, servant à justifier les théories désormais admises. Bachelard affirmait que la pensée scientifique était une suite d'erreurs rectifiées. Ce qui l'entraîna à établir, pour chaque époque, une nette distinction entre ce qui était scientifique et ce qui ne l'était pas.

Que l'histoire des sciences soit vue comme une longue lutte de la raison scientifique pour vaincre les obstacles épistémologiques ne voulait pas dire que la pensée non scientifique était sans signification. Dans une série de lecture, qui eurent une profonde influence sur les études littéraires, Bachelard souligna l'importance de l'imaginaire poétique. Il fit une « psychanalyse » des images « primitives », comme celles de la terre, de l'air, de l'eau et du feu (La psychanalyse du feu, 1938). Si ces images n'avaient aucun rôle à jouer pour l’explication objective de la nature, elles n'en étaient pas moins pourvues de significations affectives et psychiques profondes. La poésie est un nécessaire complément de la science, qui nous met en sympathie avec notre humanité et nous permet sa compréhension. Notre culture doit valoriser à la fois le théorème et le poème.


D'après Sciences Humaines, Hors-série « Cinq siècles de pensée française », 2007.
Karl Popper est devenu définitivement célèbre pour avoir fait la jonction entre les grands débats épistémologiques, la connaissance des théories scientifiques du XXe siècle, notamment en physique, et une approche logique rigoureuse de leurs énoncés, autour des concepts de réfutation et de réfutabilité.
On avait coutume de dire que le critère de la vérité résidait dans la vérification (le vrai doit être vérifié, il n’y a de vrai que ce qui est vérifié). Mais la table de vérité de l’implication montre que le faux peut impliquer une conséquence vraie ! Un principe faux peut être cohérent tout aussi bien avec une conséquence vraie qu’avec une conséquence fausse. Et réciproquement, la vérification de la vérité de la conséquence ne prouve pas que le principe est vrai, celui-ci peut tout autant être faux.

Par contre selon le schéma logique du modus tollens (ou de la contraposition) on peut avec certitude infirmer un principe p, à partir de la fausseté de sa conséquence (si p implique q, et si non q, alors non p).

La thèse est donc celle-ci : pour qu’une théorie puisse prétendre être scientifique, nous faire connaître la réalité extérieure, il ne suffit pas qu’elle soit corroborée de manière constante, mais il faut qu’elle s’énonce de telle manière logique qu’on doit toujours pouvoir la « tester » et plus particulièrement (chercher à) la réfuter ; le critère est celui de la réfutabilité ou « falsifiabilité » (falsifiability). Ce qui ne signifie pas qu’on ait effectivement réussi à la réfuter : « falsifiable » ou réfutable elle reste vraie tant qu’elle n’est pas réfutée par une expérimentation intentionnellement dirigée pour la mettre en défaut.

Cette analyse, dans laquelle on peut voir une reprise de l’ironie socratique procédant par réfutation, ou de la méthode du doute, réhabilite la rationalité critique, comme le rôle de la concurrence entre les chercheurs ; elle revendique contre tout dogmatisme les libertés d’examen, de controverse et d’objection promues par la pensée occidentale et libérale. La réfutation, inverse de la démonstration, constitue un moment essentiel du raisonnement théorique, philosophique ou scientifique, et plus largement rationnel.
Popper permet une synthèse entre le relativisme et la défense de la valeur objective de la science : une théorie est toujours à la merci d’une réfutation, sa vérité, celle d’une conjecture, reste provisoire, mais elle peut se prévaloir de tous les cas où elle se trouve « corroborée » avec succès, et ses résultats sont des acquis. Ceci fait penser au pragmatisme : la valeur d’une « idée » réside dans ce qui lui arrive, et sa puissance est contenue dans la série et la portée de ses conséquences. C’est bien la procédure du « test » qui s’avère ainsi centrale et opératoire. Cette vision balance entre un scepticisme affirmatif (on sait ce qui est faux, on ne sait pas ce qui est vrai) et un progressisme dynamique. S’intéresser à la vérité exige de chercher le faux, c’est la négation qui est féconde et instructive, l’erreur nous apprend plus et de manière plus décisive que la répétition des vérifications. Sans doute, réfuter ne signifie pas savoir quelle est la bonne théorie, ne dispense pas d’inventer et de construire des systèmes explicatifs. La seule certitude est négative. En liant la physique et la logique, Popper réunit aussi le rationalisme et l’empirisme : la science est bien entendu une construction rationnelle et logique cohérente à partir d’une interrogation théorique interrogeant les phénomènes de la nature. Mais seul le critère de l’expérience contradictoire (comme possibilité logique incluse dans le protocole), de l’observation (certes construite, dirigée et réglée), du contre-exemple qui s’inscrit dans la prévision comme conclusion d’un raisonnement et vient réfuter les généralisations de l’induction, garantit l’objectivité de la connaissance a posteriori. Connaissance qui doit se rapporter au réel, à la réalité matérielle extérieure comme ce qui résiste aux constructions a priori de l’esprit, et à laquelle il faut sans cesse revenir s’éprouver. Enfin, il y a bien sûr une dimension darwinienne dans cette méthode de la découverte scientifique, qui repose sur la concurrence et la sélection (intellectuelle) des explications les plus valables : celles qui n’ont pas encore été éliminées.

Cette analyse ouvre des perspectives, et permet de porter un jugement sur les grandes constructions doctrinales : le marxisme, la psychanalyse ou d’autres psychologies, de manière générale les idéologies et systèmes de croyance rationalisés. Leur force devient une faiblesse : les grandes visions du monde qui clament avoir toujours raison deviennent de ce fait même non scientifiques, alors qu’elles prétendent l’être, puisqu’elles n’acceptent ni d’être soumises à l’épreuve de la réfutation, ni la possibilité d’avoir tort, d’être infirmées, donc abandonnées ou modifiées. Au contraire, c’est cette apparente faiblesse qui fait la valeur et le mérite des vraies sciences. « Pour les théories, l’irréfutabilité n’est pas (comme on le pense souvent) vertu, mais défaut ». On voit qu’il y a loin de la science à la religion, de la logique à la foi !

Ceci ne signifie pas que ces « grands récits » n’aient pas de sens, ni même d’intérêt, bien au contraire. Mais leurs interprétations* doivent faire l’objet de réflexion critique, et de discussion appréciative.


On le voit il se dégage une grande sagesse de la conception de ce penseur qui a été le contemporain de toutes les épreuves du XXe siècle.

M. KARM


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